Un hôpital pas comme les autres

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Au début de l’été dernier, j’ai reçu un mail qui m’a autant surpris que ravi : il émanait du Dr Dominique Lejeune, abonnée à la revue Néosanté et par ailleurs, m’apprenait-elle, médecin interniste au Centre Hospitalier Universitaire du Mont-Godinne, près de Namur en Belgique. Dans ce mail, la doctoresse me confiait son bonheur d’avoir découvert notre mensuel grâce à une infirmière de l’hôpital et d’y avoir trouvé la confirmation de ce qu’elle toujours pensé : les maladies ne se déclenchent pas fortuitement car elles sont précédées d’un choc psycho-émotionnel. Connaissant les travaux du Dr Hamer, elle précisait avoir toujours vérifié dans sa pratique « la loi d’airain du cancer », à savoir l’affirmation par le médecin allemand que cette maladie trouve également son origine dans un conflit existentiel. Dans ce courriel, le Dr Lejeune m’apprenait aussi que sa clinique, dépendant de la prestigieuse université de Louvain-la-Neuve, disposait depuis longtemps d’un service de « médecine psychosomatique ». Et elle m’invitait cordialement à venir le visiter !

Épaté par une telle ouverture d’esprit, j’ai évidemment saisi la perche et accepté l’invitation. Début septembre, j’ai donc fait le déplacement en province et rencontré, au CHU de Mont-Godinne, le Dr Christine Reynaert, laquelle y dirige le service de médecine psychosomatique. Outre cette fonction et celle de psychiatre, thérapeute familiale et sexologue, le Dr Reynaert enseigne la psychosomatique aux étudiants de médecine de l’UCL. Elle est également psycho-oncologue et participe, à ce titre, à un groupe de recherche inter-universitaire sur la psychologie du cancer. Considère-t-elle que le cancer est une maladie psychosomatique ? C’est ce que je me demandais après avoir lu la présentation de son service sur le site du CHU On peut y lire que « de manière globale, l’approche psychosomatique essaie d’établir avec le patient des liens avec son vécu psychique et la maladie qu’il présente. (…) Ses difficultés de santé sont également relues au travers de son histoire personnelle ». En fait, Christine Reynaert est beaucoup moins « hamérienne » que ce texte pourrait le laisser penser. Lors de notre entrevue, elle m’a fait remarquer à juste titre que la « loi d’airain du cancer » n’a jamais été prouvée par des recherches scientifiques publiées dans des journaux à comité de lecture. Et pour sa part, elle ne croit pas trop au lien « monocausaliste » entre un événement stressant et le déclenchement d’un cancer. En revanche, elle fait partie de ceux qui s’interrogent sur la personnalité des personnes cancéreuses et sur les facteurs qui les prédisposent à développer à cette maladie. J’ai retrouvéune interview de 2010 où elle déclare que « la majorité des travaux se rejoignent pour dire que le répression des émotions, le fait de ne pas savoir demander de l’aide à autrui ou de ne pas avoir un support social adéquat sont des facteurs qui favorisent le développement du cancer ». Lors de notre rencontre, elle m’a tenu sensiblement le même discours.

J’ai donc quelque peu déchanté lors de mon passage à Mont-Godinne. Si elles entretiennent manifestement une belle complicité professionnelle, les Dr Lejeune et le Dr Reynaert ne partagent visiblement pas les mêmes opinions sur la médecine nouvelle du Dr Hamer. La deuxième est plus sceptique que la première. Concernant le fonctionnement du service psychosomatique, j’ai également été déçu. En fait de « difficultés de santé », on n’y traite pour ainsi dire que des troubles psychiatriques comme la dépression, l’anxiété ou la dépendance à l’alcool. On y soigne également la douleur, mais uniquement lorsque ses causes objectives laissent perplexe le corps médical. Contrairement à ce que j’espérais, les maladies somatiques ne sont nullement envisagées selon leur possible point de départ psychique. Il s’agit seulement d’apporter aux patients qui le demandent un soutien psychologique et d’examiner avec eux leurs difficultés à gérer leurs émotions. En tout cas, les liens entre leur maladie et leur vécu psycho-émotionnel ne sont pas systématiquement explorés. Et jamais avec l’intention délibérée d’y rechercher un rapport causal. On est encore très loin du décodage psychobiologique du « sens des maux » !

Je suis pourtant revenu enchanté de ma visite namuroise. Il y a 25 ans, un psycho-oncologue universitaire m’avait quasiment chassé de son hôpital lorsque j’étais venu lui proposer d’examiner les travaux du Dr Hamer et d’en vérifier l’éventuelle validité. Le médecin allemand était déjà « celui dont on ne devait pas prononcer le nom » et qui suscitait une hostilité de principe. Chez Christine Reynaert, j’ai observé au contraire un intérêt sincère, même si teinté de réticences. En tout cas, chez elle, pas de tabou ni de refus de dialogue. Je lui ai offert le livre du Dr Robert Guinée (« Et si les maladies étaient des mémoires de l’évolution » ?) et elle m’a promis de le lire. Je lui ai parlé de mes expériences en matière de scanners cérébraux, lesquelles démontrent la connexion corps-cerveau, et elle a manifesté le vif souhait de s’y soumettre aussi. Elle a écouté attentivement mes explications sur la notion de conflit biologique et sur l’importance du ressenti, et quand j’ai osé que son service pourrait être plus « proactif » dans l’investigation des stress à l’origine de maladies organiques, elle n’a semblé ni outrée ni fermée à l’idée . Au lieu de ça, nous nous sommes engagés à garder le contact et nous nous sommes réciproquement remerciés au moment de prendre congé. Quel chemin parcouru en un quart de siècle !

Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Reprenant le sillage du Dr Lejeune, j’ai découvert que la clinique n’était pas seulement pionnière en matière psychosomatique : elle est également un modèle de médecine intégrative. Des approches non conventionnelles y sont pratiquées et même encouragées par le personnel soignant. Par exemple, on y propose aux patients des activités de sophrologie, d’eutonie, de yoga ou de méditation pleine conscience. Même les psychologues du service ont pris l’habitude de méditer hebdomadairement. Après un déjeuner frugal, c’est surtout le « clou » de la visite qui m’a franchement séduit : j’ai pu assister à la conférence que Dominique Lejeune anime deux fois par mois dans un local de l’hôpital. Intitulée « l’art de vivre en bonne santé », cette petite causerie d’une demi-heure est à mon sens un petit bijou d’apprentissage à la santé globale. Dans sa première partie, elle énumère les « règles d’or de bonne santé » (respiration, nutrition, repos & détente, sevrage des toxicomanies, sommeil, énergie de la pensée, vie spirituelle) et dans un second volet, elle propose une « méthode pratique de revitalisation » en 12 points : l’eau, la musique, la nature, le chant, les caresses, les massages, la gratitude, le rire, l’art, l’amitié, la réconciliation, le dialogue.

Avouez que ça décoiffe. Ce sommaire ne serait pas étonnant dans une école de naturopathie ou dans un centre de santé alternative, mais il m’a paru très détonant dans un hôpital universitaire ! On y parle « énergie de la pensée », « vertus de la gratitude » et même « vie spirituelle ». Jalonnée de proverbes chinois, la conférence du Dr Lejeune est également parsemée de phrase telles que « c’est la qualité de nos pensées qui détermine la qualité de notre vie », « la gestion des émotions est capitale pour la santé » ou « la confiance crée des miracles ». J’ai surtout aimé la citation d’Albert Schweitzer en plein milieu du PowerPoint : « Toute répression aveugle des symptômes est contraire à la nature et à la guérison ». Bref, j’ai été conquis par le contenu de cette conférence. Certaines parties sont discutables, d’autres un peu simplistes, mais s’est précisément sa simplicité qui fait sa force. Tout en rappelant des évidences, le Dr Lejeune met à la portée de tous les plus récentes avancées psychosomatiques et donne une magistrale leçon de santé globale !

Sur place, j’ai pu vérifier que le message faisait mouche chez une majorité de patients. Depuis qu’elle a été créée, cette conférence a déjà été vue par environ 10 000 personnes ! Ce qui est dommage, c’est qu’il faut tomber malade et être admis au CHU de Mont-Godinne pour avoir la chance d’y assister. J’ai donc suggéré à Dominique Lejeune de transformer sa prestation bimensuelle en vidéo pédagogique et de la mettre en ligne sur Youtube. C’est désormais chose faite et vous pouvez la visionner en cliquant ici. Je vous invite à la partager avec votre entourage, et principalement avec les personnes confrontées à des ennuis de santé, car elle possède à mon avis un intrinsèque potentiel thérapeutique. Quoi qu’il en soit, je lui souhaite un rapide succès viral et un long tour du monde internautique. Encore bravo et merci au Dr Lejeune (ainsi qu’au Dr Reynaert) d’avoir eu l’audace d’inviter Néosanté !

 

Yves Rasir (Néosanté)

Voici la vidéo « L’art de vivre en bonne santé » du Docteur Dominique Lejeune

Un commentaire

  1. Maria El Ouedgiri dit :

    Merci pour ces informations très utiles

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