Le secret Ho’oponopono (Psychologie Magazine)

Un reportage de Psychologie Magazine par Julie Klotz

 

Le secret Ho’oponopono

 

Cette philosophie hawaïenne invite à travailler sur ses mémoires et programmes inconscients afin de se libérer et libérer ceux qui nous entourent.

 

« Désolé. Pardon. Merci. Je t’aime. » sont les quatre mots clés, à répéter tel un mantra, de la philosophie hawaïenne Ho’oponopono.

Tradition ancestrale, son essence a traversé les frontières des Etats-Unis pour arriver jusqu’à nous. C’est en travaillant quatre ans dans un service particulièrement dangereux d’un hôpital à Hawaï, où l’on gardait les malades mentaux criminels, que le Dr Ihaleakala Hew Len a expérimenté Ho’oponopono. Il racontait ne jamais recevoir ses patients en consultation, voyait seulement leur dossier et travaillait sur lui-même, tout en suivant le rituel qui lui avait été transmis par la guérisseuse Kahuna Morrnah Nalamaku Simeona. Comment procédait-il ? Il partait du postulat que pour aider quelqu’un à guérir, il le ferait en guérissant la partie de lui qui l’a créé ! Etonnante, l’idée sous-jacente est que tout ce que l’on voit, entend, goûte, touche ou expérimente est de notre responsabilité parce que justement cela s’est manifesté dans notre vie. « Il est très important de comprendre que ce qui se passe à l’extérieur est le reflet d’une mémoire que j’ai à l’intérieur de moi-même. Au lieu d’essayer de changer l’extérieur, je prends la responsabilité de ce qui se passe en moi, en étant à l’écoute de mes émotions et de mes pensées » explique Maria-Elisa Hurtado-Graciet, la première en France à avoir écrit avec le Dr Luc Bodin sur Ho’oponopono qu’elle enseigne individuellement ou en groupe. Cette notion de responsabilité est au cœur de cette tradition.

 

Certes, mais comment faire concrètement ? Si les douze prières originelles sont religieusement gardées et que seules certaines personnes sont habilitées à les transmettre, reste qu’elles ne sont pas indispensables, toujours d’après Maria-Elisa Hurtado-Graciet. « Comme les quatre mots-clés, elles sont juste une façon de faire taire le mental et d’accéder à la dimension inconsciente où sont stockées toutes ces mémoires, qu’elles datent de l’enfance, qu’elles soient transgénérationnelles, voire de vies antérieures, selon les croyances de chacun. Elles permettent de se connecter à son enfant intérieur (unihipili). C’est en lâchant toute attente, au niveau du mental, qu’Ho’oponopono va agir pleinement. » Sonia Pasqualetto, qui a eu la chance de bénéficier de l’enseignement du Dr Hew Len, transmet également l’essence d’Ho’oponopono dans ses stages de développement personnel tant au Canada qu’en France, jusqu’au chemin de Compostelle. Avec la pratique, elle explique s’être libérée des prières pour faire un rituel où la respiration est primordiale : « Je pose l’intention de libérer une mémoire, par exemple, la mémoire d’injustice. Quand j’inspire, je me concentre sur le souffle de vie ; quand je retiens ma respiration, je demande de libérer cette mémoire ; quand j’expire, je demande à la transmuter en pure lumière ; quand je reste poumon vide : je rends grâce et je dis merci. » La façon de procéder reste ouverte, chacun se laissant inspirer en fonction de son ressenti.

 

Une opportunité pour grandir

Maria-Elisa Hurtado-Graciet identifie plusieurs étapes dans le processus. Plutôt que de s’acharner à changer l’autre ou la situation extérieure, il s’agit de prendre la responsabilité de ce qui se passe à l’intérieur de soi, en étant à l’écoute de ses émotions et de ses pensées. « L’autre est peut-être une partie de moi que je n’ose pas voir… Toutes mes mémoires m’empêchent de voir les choses telles qu’elles sont. A chaque instant, j’ai le choix : prendre la responsabilité de reprojetter cette mémoire à l’extérieur (et la rejeter) ou de l’accueillir, d’écouter ses émotions et de les envelopper de mon amour. C’est ainsi qu’elles peuvent se transformer et que je peux m’en libérer. Tout ce qui arrive dans ma vie est l’occasion de transformer quelque chose en moi… » Sonia Pasqualetto, qui a commencé à expérimenter Ho’oponopono alors qu’elle était en dépression, confirme cette idée : chaque événement que nous attirons dans notre vie par la loi de la résonance est une opportunité que celle-ci nous donne de libérer une mémoire. « Ho’oponopono est un acte d’amour pour soi, pour se libérer de sa généalogie. C’est ainsi que l’on retrouve sa véritable identité, en laissant émerger son être profond. La joie peut ainsi surgir ! » Une fois le travail effectué, c’est même toute la descendance qui en bénéficie, selon elle.

Si Ho’oponopono permet de travailler sur ses émotions et sur les pensées qui en sont à l’origine, la pratique a une dimension plus subtile.

Selon Maria Elisa Hurtado-Graciet, son dessein est avant tout spirituel. C’est en lâchant prise sur ses mémoires et en les enveloppant d’amour que l’on accède à une nouvelle compréhension, notamment dans le cas d’une maladie. « Je vais aimer mon corps mais aussi toutes ses douleurs. Je suis dans l’écoute, le but étant toujours de retrouver la paix intérieure. C’est alors que je vais recevoir de nouvelles “inspirations” qui vont être des pistes à suivre. Quand je me relie à mon âme, la transformation peut avoir lieu. Si je vois la maladie comme une formidable opportunité pour grandir, cela change tout ! » Ho’oponopono permet ainsi de sortir de la victimisation. Evidemment, pour y arriver, encore faut-il savoir entrer dans le pardon pour ramener la paix à l’intérieur de soi. « On retrouve dans Ho’oponopono tous les grands concepts de la religion chrétienne : pardon, amour, joie, abandon à un être supérieur… » note Sonia Pasqualetto. En effet, la force d’Ho’oponopono ne réside-t-elle pas justement dans une idée très simple, commune à toutes les traditions ? Dans la mesure où chacun s’améliore, n’est-ce pas le monde entier qui s’améliore ?

 

Par Julie Klotz de  Psychologie magazine

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