
Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d’effort et
de volonté mais réside là, tout près,
dans la détente et l’abandon.
Ne t’inquiète pas, il n’y a rien à faire.
Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance
parce que n’a aucune réalité.
Ne t’y attache pas. Ne te juge pas.
Laisse le jeu se faire tout seul,
s’élever et retomber, sans rien changer,
et tout s’évanouit et recommence à nouveau, sans cesse.
Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir.
C’est comme un arc-en-ciel qu’on poursuit,
sans jamais le rattraper Parce qu’il n’existe pas,
qu’il a toujours été là et t’accompagne à chaque instant.
Ne crois pas à la réalité des expériences bonnes ou mauvaises,
elles sont comme des arcs-en-ciel.
A vouloir l’insaisissable, on s’épuise en vain.
Dès lors qu’on relâche cette saisie,
l’espace est là, ouvert, hospitalier et confortable.
Alors profites-en. Tout est à toi, déjà.
Ne cherche plus.
Ne va pas chercher dans la jungle inextricable
l’éléphant qui est tranquillement à la maison.
Rien à faire
Rien à forcer
Rien à vouloir
Et tout s’accomplit spontanément.
Il est de ces mots et poèmes, mélodies et mantras, qui résonnent au plus profond de nous-mêmes, touchent notre être le plus sincère et y déposent la graine de la guérison de l’esprit.
Le poème de Lama Guendune Rinpoché fait parti de ceux-là. Par delà les mots, il vibre d’une énergie qui le rend immortel, et vient nous rappeler que le bonheur n’est pas une quête qui se mène dans la dispersion de l’être mais au contraire, le bonheur est l’état d’être lui-même, présent ici et maintenant.
Par Sahra Leclerc
Le Très Vénérable Lama Guendune Rinpoché naquit en 1918 et entra au monastère de Khyodrag à l’âge de 7 ans. Il eut très vite une prédisposition pour la méditation et entamait sa première retraite solitaire à l’âge de 17 ans. Sa dévotion et sa discipline parfaite lui permirent de suivre scrupuleusement les enseignements de ses maîtres.
Il entreprît alors avec une grande volonté, la pratique des six Yoga secrets de Naropa, et plus particulièrement du Toumo. Comme le veut les enseignements, il n’était alors vêtu que d’un drap blanc et l’on dit que « par sa pratique du Toumo, il parvenait à faire fondre la neige autour de lui en extérieur et à sécher sur ses épaules des draps trempés dans l’eau glacée d’un lac. Durant l’hiver sa cellule de méditation n’était chauffée que par sa pratique du Toumo. Durant cette période Lama Guendune n’absorbait quasiment ni eau ni nourriture et obtint une réalisation parfaite des plus subtils états de méditation. »
Il poursuit son éveil en observant une pratique solitaire, mais fût contraint d’en sortir sur ordre de son maître-racine qui lui dit : » Le temps est maintenant venu pour toi de sortir. Ta méditation est parvenue à son terme, tu as obtenu la réalisation, il n’est plus utile de rester en retraite. Tu es véritablement détenteur d’une bénédiction, et tu peux désormais accomplir le bien des êtres en demeurant parmi la multitude. Ta réalisation est immuable, tu es semblable à un roc d’or. Tu peux en être sûr. Agis maintenant selon ta propre volonté »
Il partit en pèlerinage dans les lieux sacrés du Tibet durant lequel il attint l’Eveil. En 1959, lorsque l’occupation militaire du Tibet devint totale, il se rendit en Inde, auprès du Karmapa. Après plus de 15 ans, le Karmapa demanda au Lama Guendune Rinpoché de se rendre en Occident car dit-il « Les occidentaux, en dépit de leur bien-être matériel, sont ignorants du Dharma, et de ce fait connaissent beaucoup de souffrances dues aux perturbations mentales qui agitent leur esprit… Seule une spiritualité authentique peut porter remède à leurs souffrances. C’est toi qui seras chargé de te rendre en Europe pour le diffuser. Je sais que tu es un Lama qui a mené sa pratique jusqu’à son terme. Le temps est venu pour toi d’accomplir le bien des autres. »
Après avoir parcouru l’Europe durant des années, avec dévotion, pour donner ses enseignements, le Très Vénérable Lama Guendune décèda en 1997.
Parmi ses très nombreux enseignements, il laissa au monde un splendide poème, dont les mots et l’énergie semblent guérir celui et celle qui le lit.

Enfant, je rêvais qu’aimer c’était comme respirer, que tout le monde le faisait, que tout le monde savait.
Longtemps j’ai cru qu’on ne pouvait pas vivre sans aimer, comme on ne peut pas survivre sans respirer.
Puis le temps est venu où l’enfant fut enfouie dans le grand champ sauvage de l’adolescence.
Adolescente, j’ai encore rêvé que ceux qui ne savaient pas m’aimer, aller changer.
On ne peut pas vivre sans respirer, n’est-ce pas ?
J’ai patienté, un peu. J’ai douté, beaucoup. De moi surtout.
Et quand j’ai eu vingt ans, j’ai cessé de penser que pour vivre il fallait respirer. J’ai regardé.
Il suffisait de voler l’air des autres.
De prendre leur amour pour se sentir très fort, et ne jamais rien donner en retour.
Et j’ai pleuré. Longtemps. Seule. Désemparée par la réalité du monde dans lequel j’étais née.
Pour faire comme tout le monde, j’ai respiré l’air des autres. Jamais le parfum des fleurs.
J’ai dévoré l’amour parfois donné, mais je n’ai rien échangé.
Et je suis devenue dure, comme un cristal, comme un caillou que l’eau n’a jamais caressé.
C’était trop. J’allais faire mal aux autres, sans doute l’avais-je déjà fait, puisque rien ne correspondait à ce que j’avais imaginé du monde.
alors qu’un magnifique petit cheval gris aussi rétif que moi, m’a obligé à mourir un peu, à arrêter de respirer.
Il fallait que je retourne là où j’avais toujours été, là où l’amour est ce qui est donné à respirer, pour être consolée.
J’ai reçu en un instant ce qui m’avait manqué pendant vingt ans.
L’amour fluide et léger, Le Bien qui apprend à aimer, le sens à donner à mes peines, à mes joies, à mes épreuves.
Mais surtout, surtout, j’ai rencontré l’essence même du courage, de la persévérance, de la patience.
Et je suis née à nouveau.
Quand je fus ce nouvel enfant, je sus alors qu’aimer n’était pas comme respirer.
Qu’il fallait le vouloir, le désirer de tout son coeur. Et que beaucoup n’en faisait pas l’effort.
Et peu à peu j’ai appris que respirer le parfum des fleurs, du ciel, de la mer, et non l’espace des autres, est la première source du bonheur, et que la seconde est tout simplement :
Aimer comme un enfant, dans la curiosité et l’émerveillement.
Ne plus craindre la solitude, car toujours près de soi, dans l’ombre ultime, se tend une main pour offrir la consolation dont nous avons toujours besoin.
© Marie de Solemne
]]>celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés.
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourd’hui ! Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux !
Poème attribué à Pablo NERUDA (1904-1973), poète chilien Prix Nobel de littérature
« Que pourrais-tu vouloir que le pardon ne puisse te donner? Veux-tu la paix? le pardon te l’offre. Veux-tu le bonheur, un esprit tranquille, une certitude quant au but et un sentiment de valeur et de beauté qui transcende le monde? Veux-tu sollicitude et sécurité, et la chaleur d’une protection sûre pour toujours? Veux-tu une quiétude qui ne peut être dérangée, une douceur qui ne peut jamais être blessée, un bien-être profond et durable et un repos si parfait qu’il ne peut jamais être contrarié?
Tout cela et plus, le pardon te l’offre. Il étincelle dans tes yeux quand tu t’éveilles et te donne la joie avec tu commences la journée. Il détend ton front pendant que tu dors et repose sur tes paupières, de sorte que tu ne voies pas de rêves de peur et de mal, de malice et d’attaque. Et quand tu t’éveilles à nouveau, il t’offre encore un jour de bonheur et de paix. Tout et plus le pardon te l’offre.
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